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Tunisie en 1942-43 : les juifs sous occupation nazie
Tunisie en 1942-43 : les juifs sous occupation nazie

Josette me fit stopper la voiture devant une villa qui baignait dans la verdure. Là, habitait Alice.
De tous les témoignages que j’ai recueillis sur les affres que vécurent les Juifs de Tunisie sous l’occupation nazie, il en est qui vous marquent plus que d’autres.


Celui-ci pour la peine et la douleur morale qu’il exprime, celui-la pour la haine et l’esprit de rancune qui en émane. Le témoignage d’Alice, lui, m’a profondément remué par sa langue didactique, virulente et largement documentée. Pour elle, l’Histoire avec un grand « H », exige de ses chercheurs la rectitude qu’impose l’esprit de justice : l’éthique historique est avant tout un humanisme moral.

Imbue d’histoire, elle insistait sur le fait que « son sionisme » était le fruit direct de ce qu’elle avait vu et ressenti, en tant que Juive, pendant l’occupation nazie, et des informations qu’elle avait recueillies sur la Shoah des Juifs d’Europe.

 

Alice était une petite femme menue et dynamique, aux lèvres épaisses et aux traits prononcés, à la verve foisonnante, aux gestes rapides et à la démarche énergique. Elle et Josette s’embrassèrent longuement, chuchotèrent quelques mots que je ne pus saisir et qui les firent partir d’un bon rire. Leur chaude camaraderie me mit de suite à l’aise.

Josette nous présenta. « Alice est férue d’histoire, dit-elle. Elle dévore tout ce qui peut-être qualifié d’historique dans la librairie qu’elle dirige. Nous nous entretenons souvent au téléphone sur ses découvertes et sur les nouveaux romans historiques qui lui passent sous la main ».

Puis elle lui expliqua ce que je faisais, mais Alice l’arrêta net.

« Ne sois pas envahissante, Josette, laisse-moi faire la connaissance d’Etienne, sans ta tutelle. Ce qu’il fait a moins d’importance que ce qu’il est, lui dit-elle. Vous êtes le bienvenu, Etienne. »

 

Elle nous servit un excellent café accompagné de pâtisseries tunisiennes, et après les échanges des salamalecs d’usage, je lui posais quelques questions en guise d’introduction.

Mais elle eut un geste éloquent de la main comme pour balayer les points sur lesquels je désirai conduire son témoignage et me dit « Je vais vous raconter pourquoi j’ai fait mon alya. Car celle-ci découle en droite ligne de ce que vous cherchez à recueillir sur l’occupation nazie et les Juifs de Tunisie pendant les six mois que nous avons vécus « sous la botte nazie », entre 1942 et 1943. Car il faut que vous sachiez que je fais remonter mon alya à l’occupation allemande en Tunisie, à la conduite de nos compatriotes français non juifs et à celle de nos voisins arabes tunisiens à notre égard – pas tous, heureusement.

Ils nous ont enseignés, en travaux pratiques, ce que valait un peuple sans patrie.

 

Nous avons été traités par eux, pendant cette période, non comme des compatriotes, mais comme des étrangers, des parias. Et cela uniquement parce que nous étions Juifs, que nous appartenions à ce peuple sans patrie. Comme si nous étions des hôtes indésirables soumis à leur merci, des ennemis dont la vie dépendait de leur bon plaisir.

Je ne sais pas si on vous a raconté la manière dont les Juifs des autres villes comme Sfax ou bien Sousse ont vécu cette occupation. A Tunis les conditions des Juifs étaient bien pires qu’à Sfax. La communauté de Sfax, par exemple, était relativement riche. Celle de Tunis, par contre, n’arrivait pas à répondre à tous ceux que la guerre avait jetés dans le cercle des nécessiteux.

Nous étions Français et la France nous avait abandonnés aux mains des Nazis, tandis qu’elle continuait à se soucier, attentionnée, du sort des Français non Juifs. Les Juifs non français, étaient pour la plupart Tunisiens, et le Bey de Tunisie, lui aussi, les avait abandonnés aux mains des Nazis. Nous avons vécu des scènes pénibles lorsque nos compatriotes arabes, pas tous heureusement, nous conspuaient et nous menaçaient. Ce ne furent pas leurs compatriotes qui les en empêchaient, mais les soldats allemands de peur que leur haine ne dégénère en exactions contre les colons français.

 

Comment croyez-vous que j’ai vécu, vers sept ans, le départ de mon père pour le Camp de Travail de Bizerte ? Que j’ai vécu son retour, amaigri et couvert de poux, faible et frappé soudain, lui si volubile auparavant, d’un mutisme qui ne l’a plus quitté jusqu’à sa mort ? Comment croyez-vous que j’ai vécu cette angoisse quotidienne, que nos voisins européens et les dénonciateurs arabes ne mouchardent que nous cachions mon frère, qui n’était âgé que de treize ans, mais qui en faisait dix-sept ? Non tremblions non seulement des rafles allemandes, mais encore des fonctionnaires du Judenradt de la Communauté juive sous les ordres de Paul Guez, qui recherchaient les ‘planqués’. Honte à eux, car ce même Judenradt avait trouvé une solution bureaucratique pour dispenser les fils des riches et ceux des notables juifs, du travail dans les Camps, alors qu’ils ne souffraient d’aucun handicap physique.

Et je ne parle pas des privations, des problèmes de scolarité, de la peur que tout notre quartier ne saute sous les bombes alliées, car il était situé non loin de la poudrière, où l’armée allemande avait déposé ses munitions et ses explosifs.

Notre famille proche avait quitté la ville pour se mettre à l’abri. Que pouvait faire une jeune femme seule comme ma mère, avec deux jeunes enfants ? Comment les protéger ? Comment les nourrir, si ce n’est en comptant sur les Caisses de la Communauté qui étaient vides, et devant les bureaux de laquelle se pressait la file des quémandeurs d’aide ?

 

Et croyez-moi, j’en passe. J’en passe, parce que comparé à l’enfer que les Juifs d’Europe ont vécu sous ‘la botte nazie’, en Tunisie c’était tout juste le purgatoire. Comparé à l’inoubliable trahison de ceux avec qui ils vivaient en bonne entente et en bon voisinage, en France ou en Pologne, jusqu’à ce que ‘la haine brune’ leur ait fait tourner casaque, en Tunisie la trahison des non Juifs fut vite brouillée afin que la mémoire collective l’occultât, luttant en cela contre les témoignages personnels qui s’appuyaient sur les ‘mémoires’ individuelles ou familiales.

Cependant, le dénominateur commun, cette chose commune, qui unissait ces trahisons était indélébile. Qu’elles se soient déroulées en Pologne ou en Tunisie, ces trahisons ont laissé dans les âmes des blessures inguérissables. Ce dénominateur commun qui les unissait était composé des effluves de l’inconscient collectif anti-juif, partout les mêmes. C’est comme si, en fait, ‘les autres’, les Non Juifs, n’attendaient qu’une chose : que la vague de fond de la haine nazie ne déferle, pour se défouler contre les Juifs, pour donner libre cours, en soupirant d’aise, à leur propre haine.

 

Un penseur pré sioniste, Léo Lev Pinsker, médecin de profession et versé dans les théories de la psychologie des foules qui prenait corps à la fin du 19ème, a défini cette haine des Juifs, en 1882, dans son livre ‘Auto émancipation’, comme étant une phobie, une ‘Judéophobie’.

Cette phobie ancestrale, qui remontait à la surface des sociétés chaque fois que les remous sociaux les agitaient, avait de nouveau fait son apparition, portée par le vecteur de la haine nazie qui, en s’appuyant sur la ‘trahison des clercs’, appliquait les mêmes méthodes, tendue vers le même but à l’égard des Juifs, partout où elle déferlait. Partout, elle comportait les mêmes étapes, et les mêmes moyens y étaient mis en oeuvre :

D’abord, isoler les Juifs du reste de la population après les avoir regroupés. Comme on isole des malades atteints d’une maladie contagieuse grave, comme on isolait au Moyen Age les pestiférés, comme on isole les lépreux dans des léproseries, ils isolèrent les Juifs dans les Ghettos juifs aux hautes murailles physiques et sociales, comme à Varsovie.

Ensuite, les livrer aux exactions de la population occupée, afin que celle-ci voie dans ceux qui l’ont conquise des sauveurs et non des ennemis.

Puis, les affamer, les dépouiller, les priver de leurs biens, de leurs droits, de leur dignité humaine, afin qu’ils se soumettent plus facilement.

Au stade suivant, il s’agissait de les effrayer et les diviser afin de mieux les ‘manipuler’.

Enfin, il fallait les exploiter et les briser dans des travaux rudes, en se conduisant avec eux, pire que s’il ne s’agissait de bêtes, jusqu’à leur épuisement total.

Il ne restait plus alors, que de brûler ces épaves humaines et si les conditions l’exigeaient, passer de la première étape à la dernière sans s’attarder sur les autres.

Détrompez-vous, je n ‘ai pas évoqué ici les méthodes appliquées par les Nazis dans les Camps de Concentration en Pologne, mais celles qu’ils pratiquaient là où se trouvaient les Juifs.

Le ‘but final’, comme partout ailleurs où cette ‘haine brune’ agissait, était l’extermination des Juifs. Ou bien ceux-ci, avant les crématoires, mouraient d’épuisement dû à la rudesse des taches dont ils devaient s’acquitter dans les Camps de Travail, ou bien ils mouraient de mal nutrition, de maladie – ou bien des bombardements alliés.

 

A Tunis, les Nazis avaient mis en marche ces différentes étapes et avaient commencé à mettre en œuvre les moyens qu’ils avaient rodés en Europe pour atteindre leur but. Ils avaient même commencé à construire, à Djebel Djelloud des crématoires, qu’ils n’ont pas eu le temps d’utiliser. Les historiens vous diront qu’ils n’ont retrouvé aucun document d’archives témoignant de ce fait, et que les témoignages visuels des Juifs qui ont vécu cette période ne sont pas valables. Mais nos parents et leurs amis nous ont assuré que ceux-ci ont existé. Qui croire ? En ce domaine nous avons reçu une bonne leçon, il me semble, de Faurisson et des historiens révisionnistes qui soutiennent la même thèse au sujet de la Shoah et des ordres d’Hitler à ses lieutenants quant à l’extermination des Juifs.

 

A Tunis, nous avons connu toutes les séquences, toute la suite ordonnée des éléments qui composaient la chaîne de la démarche qu’empruntait la haine nazie dans son application. J’ai moi-même vécu, enfant, tous ses stades. J’ai été séparée de mes camarades de classe, et notre voisine juive commença à coudre sur les vêtements de sa famille l’étoile jaune, quoique, en fin de compte, nous ne l’ayons pas portée. Mon père et les autres Travailleurs Forcés, eux, l’ont portée. Je me souviens des Travailleurs Juifs, défilant sur l’Avenue de Londres, marqués de l’étoile jaune, la pioche ou la pelle sur l’épaule, se rendant à leur travail dans les camps sous les insultes et les huées des arabes tunisiens, et protégés par des soldats allemands ; je me souviens de la faim qui me tenaillait et de la honte que j’en ressentais ; je me souviens, que les Allemands, qui avaient reçu les noms et les adresses des familles juives par les Bureaux de la Communauté, étaient venus vider notre maison de tous les objets de valeur, vidant les tiroirs et les armoires, embarquant le poste de radio, les radiateurs et les ventilateurs, les grands miroirs qui faisaient office de porte d’armoire, même celui de la salle de bain, les rideaux de velours du salon. Ils avaient tout pillé ; ma mère regardait en silence, en pleurant et en me serrant dans ses bras, tandis qu’elle pensait à mon frère qu’elle avait fait fuir à temps par la porte de service qui donnait sur l’arrière cour.

 

Je me souviens, que la nuit, ma mère bloquait notre porte d’entrée à l’aide de la lourde table de la cuisine, afin disait-elle, qu’on ne puisse pas la forcer et nous surprendre dans notre sommeil. Je compris, plus tard, qu’elle craignait que les voyous arabes qui passaient leurs journées à déambuler dans les quartiers juifs plus cossus que celui du ghetto de La Hara, dont le notre, proche du Belvédère, ne mettent leurs menaces à exécution. Lorsqu’elle se rendait chez les commerçants du coin, ils l’interpellaient, la menaçant de la violer ou de conduire à la maison des soldats allemands ivres, les nuits où le couvre-feu n’était pas imposé sur la ville.

En ce sens, je rejette l’interprétation de certains historiens qui soutiennent que les responsables de la Communauté, et à leur tête Moïse Borgel et Paul Guez, avaient collaboré avec les Nazis dans le bien de tous les membres de la Communauté. A mon avis, ils l’ont fait dans le bien des nantis et de leurs proches, au détriment de la majorité des membres de la Communauté. Cette thèse que soutiennent certains historiens et qui va dans le sens de la thèse de Paul Guez et des gros Bourgeois Juifs de Tunis, me rappelle étrangement celle des Vichystes quant à la conduite de Pétain et de ses acolytes. Ceux-ci, après la guerre, ont été jugés et condamnés.

Mais, en Tunisie, aucun procès n’a eu lieu afin de vérifier le caractère de l’activité du Judenradt de Tunis à l’égard des membres de la Communauté Juive, et celui de sa collaboration avec le pouvoir nazi. Même les victimes se sont tues. Pourquoi ? Sans doute parce que, comparée à la souffrance qu’ont vécu les victimes juives en Europe, celle des Juifs de Tunisie ne représentait trois fois rien.

Et pourtant il y eut des morts, des déportés, des assassinats, des viols, des pillages, des dommages physiques et psychologiques irréparables.

Est-ce que ceux-ci auraient pu être évités, si les Chefs de la Communauté, surmontant la frayeur que leur avait insufflait Rauf le Terrible, lorsqu’il les avait menacés personnellement, en faisant claquer son fouet, de les traiter comme il avait traité les chefs des communautés en Pologne, s’étaient conduits comme certains des leaders juifs responsables de leur communauté en Europe? Nous savons qu’en Pologne, certains Chefs de certains Judenradts avaient refusé de collaborer avec les Nazis, et en payant de leur vie leur geste, ils avaient freiné, dans une certaine mesure, le processus enclenché par les bourreaux.

Est-ce que ces blessures indélébiles auraient pu être évités, s’ils les leaders du judenradt de Tunis avaient refusé de collaborer avec le pouvoir Nazi ? S’ils n’avaient pas exécuté avec un zèle étonnant, les ordres et les directives que leur imposaient les S.S. ?

 

Ce sont des questions auxquelles il serait honnête de répondre !

Pourquoi, puisqu’il y a prescription du point de vue de la Justice des Hommes, aucun historien n’a exigé un Procès historique ?

Je suppose, quant à moi, que la réponse se résume au fait qu’en tant que Juifs, nous avons une certaine réticence d’accuser d’autres Juifs de nos malheurs pendant la seconde guerre mondiale, et cela afin de ne pas détourner notre accusation du véritable bourreau, qui est, sans l’ombre d’un doute, le bourreau Nazi.

C’est lui qui a mis nos compatriotes dans des situations presque impossibles à gérer.

Et cependant, il serait bon que la vérité historique sur ce sujet soit faite.

Si nous ne perdons pas de vue que les Allemands n’ont occupé la Tunisie que pendant six mois et qu’ils étaient sans cesse harcelés par les troupes alliées. Si nous ne négligeons pas le fait qu’ils étaient incapables sans la collaboration des indigènes, des Vichystes et du Judenradt Juif de mener à bien leurs sévices contre les Juifs. Il nous serait alors difficile de ne pas arriver à d’autres conclusions que celles auxquelles sont arrivés la plupart des historiens qui ont étudié cette période malheureuse de l’histoire des Juifs de Tunisie.

 

Je me prends parfois à penser, poussée par la logique de mon analyse, qu’en collaborant avec la ‘haine brune’, les chefs de la Communauté ‘ont vendu leur âme, à Satan’. Et ce mot n’est pas de moi, mais d’un juge israélien, qui après la guerre avait été appelé à juger un des leaders Juifs hongrois pour sa collaboration avec les Nazis. Car je crois qu’on ne peut pas frayer avec les Forces du Mal sans en être contaminé. Même si on a le sentiment qu’on le fait afin d’engendrer un bien. Cette pensée en elle-même est une ineptie. Le Bien et le Mal sont antinomiques. Comme l’huile et l’eau, on ne peut les mélanger ! Essayer de les rapprocher est contre nature. C’est une contre morale.

 

Sachez que les familles des travailleurs forcés, accusaient les responsables de la communauté de veiller à ce que leurs proches et les fils des notables et des nantis juifs n’apparaissent pas sur les listes de ceux qui devaient être envoyés dans les Camps de Travail. Leur mécontentement dégénéra en manifestations violentes devant les Bureaux de la communauté où les parents et les femmes des Travailleurs Forcés les avaient pris en partie. Ma mère m’avait entraînée avec elle à une de ces manifestations, et je me souviens fort bien des insultes, des injures, des malédictions qui furent déversées sur les responsables. J’en étais toute remuée. C’était la première fois que j’avais vu ma mère dans cet état. C’était la première fois que je voyais des femmes juives, si dignes d’habitude, se déchaîner ainsi. Notre voisine, par exemple, qui était d’une douceur et d’une retenue exemplaire, bouscula avec violence le petit fonctionnaire qui essayait de calmer la foule, alors que les responsables ne daignaient pas intervenir et parler à la ‘populace’.

‘ Il faut savoir te défendre et te révolter quand on te fait une injustice, quand tu as raison, m‘expliqua ma mère après cette manifestation’. Je n’ai jamais oublié sa leçon, ajouta Alice !

 

Les responsables, qui méprisaient ‘le bas peuple’, n’avaient pas réagi à ces manifestations. Ils étaient persuadés qu’en collaborant avec les Allemands et en prenant ces mesures discriminatoires, ils agissaient comme il le fallait. Pour eux, ce bas peuple ne comprenait rien, et il ne valait même pas la peine qu’ils essaient de le persuader. Lorsque ma mère m’avait dit cela, je me disais qu’elle parlait sous l’effet de l’amertume. Ce n’est que plus tard, en lisant le livre de Paul Guez qui s’efforçait de justifier cette conduite, que je vis que celui-ci soutenait ce que ma mère m’avait dit.

Ce qui les fit bouger, c’est la police allemande qui, ayant été informée par des dénonciateurs juifs, fit une descente dans les bureaux de la Communauté pour dénicher ses ‘planqués’, qui au dire des responsables étaient indispensables à la bonne mobilisation des Travailleurs Forcés. Thèse que rejetèrent les S.S, qui en mobilisèrent sept qui furent envoyés au Camp de Bizerte où travaillait mon père. Ma mère y vit la main de Dieu, qui, d’après elle, fait toujours justice et punit les méchants.

Comme je lui disais que les méchants étaient aussi les mouchards, elle me répondit que souvent, Dieu se sert de méchants pour punir d’autres méchants, justement parce qu’il ne veut pas que les bons se salissent les mains en punissant eux-mêmes les méchants. Je me souviens que je ne comprenais plus rien à sa dialectique, si ce n’est que Dieu avait toujours raison, qu’il faisait toujours bien les choses et que ma mère ne pouvait pas se tromper. »

 

Le témoignage d’Alice nous laissa sans voix.

Au bout de quelques instants d’un long silence, Josette se leva et l’étreignit dans ses bras avec affection. « C’est la première fois que j’entends ton témoignage, lui dit-elle. Tu m ‘as profondément émue ».

Je me joignis à Josette. Alice fit un signe comme pour balayer notre émotion et ajouta « J’ai entendu, quant à moi, sur cette période, des témoignages dont le souvenir me fait frissonner encore ».

Par le Dr Reuven (Roger) Cohen

Terre d'Israel
www.terredisrael.com
7 commentaires
eh oui c'est pourquoi quand certains arabes nous disent : pourquoi vous êtes partis les
juifs de Tunisie .Ils ont là une partie de la réponse à leur question.
mes parents sont aussi juifs de Tunisie et ma mère me raconte comment certains arabes dénonçaient les juifs aux allemands.
- Ils leur désignaient les maisons juives pour violer les jeunes filles ils disaient aux allemands défoulez vous ce sont des prostituées.
- comment ils ont dénoncés un jeune homme (Victor Nataff) qui priait avec une bougie pour éclairer sa chambre les arabes l'avaient dénoncés comme envoyant des signaux aux ennemis.
- certains arabes disaient convertissez vous à l'islam, car toute votre chair ne va pas tarder à bruler
- un camp de concentration avait commencé à être construit à Djebel Djeloud des arabes renchérissaient : c'est nous qui allons le terminer.
heureusement que pour ma mère ma grand-mère et ma tante ont été cachés et épargnés des allemands par un arabe juste qui malgré ses opinions les a protégés comme ses propres enfants
sans compter les lois anti-juives de Vichy qui interdisaient aux juifs de se présenter au certificat d'études l'année où ma mère l'a passée et réussi était la dernière année. l'année suivante (sa soeur) à ma tante il lui était interdit de le passer heureusement que l'année du port de l'étoile jaune les alliés sont arrivés;


Envoyé par Anne_011 - le Lundi 7 Décembre 2009 à 14:26
n oublions jamais cette tragedie les parents de ma mere notament son frere a ete tue par les nazis en tunisie
Envoyé par Sarah Simone - le Mercredi 9 Décembre 2009 à 09:20
je suis né en aout 1937 à sfax , et je me souviens qu'on portait l'étoile jaune; Mon père et mon oncle avaient été rançonnés par les allemands avec l'aide du consul de france. Pourtant nous étions de nationalité française.
Après la deuxième rançon mon père sachant qu'il lui serait impossible de payer une troisième avait décider de fuir à la campagne chez un chef bédouin qui travaillait souvent dans nos propriétés agricoles avec son clan.
Je me souviens qu'un membre du clan voulait nous dénoncer aux autorités mais son chef pour nous protéger l'avait menacé de mort.
Il est vrai que l'attitude générale des non juifs et surtout des arabes était haineuse.
J'ai lu le livre de Paul Guez et j'avoue qu'on peut se poser quelques questions concernant l'attitude des responsables de la communauté juive. Il ne donne pas de détails concernant les 'planqués' , mais j'avoue que cela devait etre une période très difficile et qu'habitant le sud je ne connaissais pas la situation des autres juifs.
Envoyé par Georges_040 - le Mercredi 9 Décembre 2009 à 14:05
moi aussi je me rappelle que mon père a fait des travaux forc"s au temps des allemand an tunisie et qu un arraba tunisie a dit a l'allemand youdan ce qui signifie c'est un juif et heureusement que l allemand n a pas compris sans cela mon père aurait été tué du place je pense qu 'après tous ces discours ont ne doit plus mettre les pieds en tunisie et comme disait un proverbe ancien l amouna beg gouim 20 après leur mort
Envoyé par Marcel_016 - le Vendredi 11 Décembre 2009 à 10:10
au sujet des tunisiens qui disent aux juif pourqu'oi vous étes partis une fois javais répondu vous nous avez renvoyé diplomatiquement en nous disons si vous voulez quitter la tuniisie vous pouvez emmenez 10 dinars une valise et laisser tout sur place de toute façon par rapport aux juifs d algérie ont a eu beaucoup plus de chance ne pas oublié qu 'en 1967 lors de la guerre des 6 jours tous les tunisiens non juifs sont décendus avebue de lparis en scandant égorgé les juifs et ils brulés tout sur leur passage j'y était au milieu des manifestant car notre patron fiscomptor mr SIBON nous avez demandé de rentrer chez nous car cela bardé a tunis tout azimut tout cela laisse a réflaichir
Envoyé par Marcel_016 - le Vendredi 11 Décembre 2009 à 10:20
Le compte de ce membre a été suspendu.
Envoyé par Cecile_004 - le Dimanche 13 Décembre 2009 à 12:52
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Envoyé par Cecile_004 - le Mercredi 16 Décembre 2009 à 14:39
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