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L’accord gazier en Israël est entériné: qui gagne, qui perd?
L’accord gazier en Israël est entériné: qui gagne, qui perd?

La saga du gaz israélien s’achève: hier, le Premier ministre Netanyahou a apposé sa signature au bas de l’accord conclu avec les compagnies gazières.

« L’économie d’Israël met les gaz » : c’est derrière ce slogan que Benyamin Netanyahou a signé hier l’accord gazier. Rarement en Israël, un dossier économique, n’a été à l’origine d’une polémique aussi virulente. Durant plusieurs mois, partisans et opposants se sont affrontés sur la meilleure façon d’exploiter le gaz découvert au large des côtes méditerranéennes. Après moult discussions d’ordre juridique, parlementaire et politique, le Premier ministre a usé de ses prorogatives en sa qualité de ministre de l’Économie, pour avaliser définitivement l’accord.

De quoi s’agit-il ? En Israël, l’exploitation du gaz découvert en méditerranée est assurée par un consortium américano-israélien formé des sociétés Noble Energy et Delek. Or, ces compagnies sont soupçonnées de vouloir abuser de leur situation de monopole pour dicter les prix du gaz. Il y a quelques mois, le gouvernement israélien et les sociétés exploitantes ont conclu un accord-cadre qui devrait permettre de modérer les tarifs du gaz, en obligeant les compagnies à céder une partie de leurs avoirs dans les gisements et à investir des fonds importants dans le développement du puits le plus grand, Léviathan. En contrepartie, le gaz pourra être partiellement exporté, notamment vers la Jordanie, l’Égypte et les Territoires palestiniens.

C’est cet accord qui a provoqué une mini-crise gouvernementale en Israël : le mois dernier, le ministre de l’Économie, Ariéh Déry, qui refusait d’apposer sa signature sur le texte de l’accord conclu par le ministre de l’Énergie, avait dû démissionner. Quelques semaines plus tôt, c’est le directeur de l’anti-trust David Guilo, qui démissionnait pour ne pas avoir à cautionner un accord qu’il désapprouvait.

La saga du gaz prend donc fin après six ans d’attente et six mois de débats acharnés sur l’accord-cadre. Le gisement Tamar contient environ 240 milliards de mètres cubes de gaz naturel, tandis que le Léviathan possède 450 milliards de mètres cubes. La signature du Premier ministre va permettre d’accélérer l’exploitation des champs gaziers. Qui en profitera ? Pas tout le monde : comme dans toute décision de cette importance, il y aura des gagnants et des perdants.

LES GAGNANTS

- LE CONSOMMATEUR – L’accord permettre d’accélérer la production qui a commencé en 2009 au site de Tamar ; le puits Léviathan n’est toujours pas en exploitation. Autrement dit, les Israéliens vont pouvoir bénéficier d’un gaz naturel en grande quantité et à un prix convenable. Si le gaz naturel n’arrivera pas directement dans les foyers des Israéliens, l’électricité domestique sera largement produite au gaz.

- LES ENTREPRISES – La reconversion au gaz va permettre à de nombreuses entreprises israéliennes de réduire leur facture énergétique. Par la suite, la baisse du coût de production devrait se répercuter sur les prix à la consommation.

- L’ÉTAT – Les sociétés gazières verseront aux caisses de l’État des royalties, taxes et impôts divers. Le montant de ces revenus variera en fonction du prix de l’énergie dans le monde ; selon les calculs de la Banque d’Israël, les royalties de l’Etat sont évaluées aujourd’hui autour de 70 milliards de dollars au cours des trois prochaines décennies. De même, l’État percevra des devises en échange du gaz qui sera exporté.

- LES PAYS VOISINS – Une grande partie du gaz israélien (autour de 40%) sera exporté vers les pays étrangers, notamment ceux qui se trouvent autour du bassin méditerranéen. Certains ont déjà signé avec Israël un accord de livraison (comme la Jordanie), d’autres pourraient le faire prochainement (comme l’Egypte, les Palestiniens, la Turquie, la Grèce, etc.). La voie vers l’Europe est toute tracée.

LES PERDANTS

- LA CONCURRENCE – L’accord-cadre laisse une place trop belle au consortium israélo-américain. Certes, celui-ci devra se défaire d’une partie de ses avoirs, mais le marché du gaz reste loin de devenir concurrentiel. Le monopole gazier n’est pas totalement démantelé, ce qui laisse de nombreuses zones d’ombre, comme la fixation des prix ou la construction de gazoducs. De plus, l’Etat s’est engagé à ne pas modifier les règles de la régulation durant les 10 prochaines, ce qui ne lui permettra pas de s’adapter à des changements géopolitiques et économiques qui ne manqueront pas d’avoir lieu dans le monde.

- L’ENVIRONNEMENT – Généralement, les écologistes favorisent le gaz naturel par rapport à d’autres sources d’énergie, en particulier dans les centrales électriques, parce que le gaz naturel pollue beaucoup moins que le pétrole ou le charbon. Les militants verts regrettent surtout la procédure anti-démocratique qui a entaché la signature de l’accord ainsi que son manque de transparence ; ils auraient préféré un accord qui prévoit un prix plus bas, qui garantisse le raccordement des entreprises à des gazoducs et qui limitent les exportations pour favoriser le marché intérieur.

Jacques Bendelac (Jérusalem)

Israel Valley
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Dernière mise à jour, il y a 23 minutes